Paris, le 3 novembre 2025
Le projet de loi de finances 2026 prévoit de supprimer le financement du bilan de compétences par le Compte Personnel de Formation (CPF). Une mesure qui inquiète profondément la CSFC, organisation historique membre de l’UNAPL et de l’U2P.
Un outil essentiel pour les actifs et les TPE
Le bilan de compétences est un levier clé pour les 21 millions de salariés du secteur privé, financé par les entreprises via leur CFP. Pour les 3,6 millions de TPE et leurs 4 millions de salariés, souvent les plus exposés aux mutations économiques, le CPF est bien souvent le seul moyen d’accéder à une reconversion ou à une évolution professionnelle.
Des résultats concrets et reconnus :
- 89 % des bénéficiaires déclarent être satisfaits de leur bilan de compétences.
- 81 % ont clarifié leur projet professionnel.
- 57 % constatent une amélioration de leur situation au travail.
Ces chiffres démontrent l’efficacité d’un dispositif encadré par la loi depuis plus de 30 ans, et indispensable pour anticiper les transformations du marché du travail (transition écologique, intelligence artificielle, etc.).
Supprimer ce financement, c’est risquer de réserver ce droit à une minorité privilégiée, au mépris du principe républicain d’égalité des chances.
Dans un contexte de mutations économiques et sociales, le bilan de compétences est un outil de lucidité, de liberté et de mobilité professionnelle. Il permet à chaque actif de reprendre en main son parcours et de donner du sens à son travail.
Pour une régulation, pas une suppression
La CSFC comprend la nécessité de mieux encadrer les pratiques et de prévenir les dérives. Cependant, la réponse ne doit pas être la suppression, mais une régulation renforcée et une coopération constructive entre les acteurs du secteur.
La CSFC appelle le gouvernement à :
- Maintenir le financement CPF du bilan de compétences ;
- Renforcer le contrôle de la qualité et de la déontologie des prestataires ;
- Co-construire un référentiel métier garantissant professionnalisme, éthique et traçabilité.
Un appel à la concertation
Supprimer le financement des bilans de compétences, c’est nier la valeur humaine derrière chaque reconversion. Le vrai courage politique consiste à réformer pour mieux réguler, pas à effacer un outil qui fonctionne.
La CSFC demande l’ouverture immédiate d’un espace de concertation avec les représentants de la profession, afin de bâtir ensemble une réforme responsable, conciliant efficacité budgétaire, qualité et égalité d’accès.